Quelle campagne pour les aveugles, sourds et handicapés ? Francetvinfo

logo_8700Les 22 avril et 6 mai prochains, ils iront, eux aussi, glisser leur bulletin dans l’urne. Pour les électeurs aveugles, sourds ou handicapés physiques, l’accessibilité de la campagne électorale s’avère donc primordiale. La loi du 11 février 2005 sur l’égalité des chances prévoit que tout ce qui relève du domaine public soit accessible à tous. Et pourtant, « des progrès ont été faits depuis 2007, mais j’espérais mieux », regrette Jérémie Boroy, délégué général de l’association Aditus pour l’accessibilité des campagnes électorales, dans Libération.

A un peu moins de quinze jours du premier tour, FTVi liste les méthodes mises en place pour faciliter le devoir citoyen de ces Français. Ainsi que leurs limites.

• Descriptions audio des affiches

Vous les voyez depuis lundi : les affiches des candidats à l’Elysée trônent désormais sur les trottoirs, collées sur les panneaux en vue du premier tour. Mais difficile pour les 1,2 million de personnes aveugles ou malvoyantes de s’en faire une idée.

Mercredi 11 avril, le site internet de la radio associative Vivre FM a donc mis en ligne une audiodescription pour aider ces personnes à se figurer chacune des dix affiches des dix candidats. Extraits. « Le président sortant est photographié de trois-quart, il regarde quelque chose hors champ. Trois mots en haut de l’affiche : la France forte », explique une voix féminine, une fois que l’internaute a cliqué sur le nom « Nicolas Sarkozy » grâce à la reconnaissance vocale. « Il y a quelque chose de la Joconde dans l’image de François Hollande », décrit-elle au sujet du candidat PS. Elle évoque encore l’« ambiance manif » de celle de Philippe Poutou et l’affiche « bavarde » de Nathalie Arthaud.

• Sous-titrage des clips officiels obligatoire

C’est une règle nécessaire pour les diffuser à la télévision et sur internet. Les clips officiels des candidats ont donc tous été agrémentés de sous-titres à destination des personnes sourdes et malentendantes. Elles sont 2,4 millions en France.

De son côté, si le recours à un interprète en langue des signes est obligatoire sur le net, il est toutefois facultatif pour la télévision.

Comme le signale Christine Kelly, du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), sur Libération.fr, les candidats ont eu à disposition « tous les moyens nécessaires pour rendre leur spot accessible : interprète, équipe de sous-titrage, studio d’audiodescription pour les aveugles… »

• Cas par cas pour les meetings

Pour les meetings des candidats, rien n’est officiellement acté. Bref, leur accessibilité est liée au bon vouloir des politiques. Selon Libération, François Hollande, Nicolas Sarkozy, Eva Joly ou François Bayrou se targuent tous d’avoir recours à un interprète en langue des signes pour traduire leurs discours.

Mais c’est loin d’être la panacée. Et pour cause : certains malentendants ne maîtrisent pas la langue des signes, note Libération. Pour remédier au problème, l’association Aditus propose aux candidats un kit « accessibilité événementielle ». Moyennant 5 000 euros, le pack donne accès à des sous-titres de bonne qualité, un interprète qualifié et une boucle magnétique pour les malentendants, détaille Jérémie Boroy, délégué général de l’association. Et pour le moment, seul François Hollande se l’est procuré, révèle-t-il au Monde.fr (article payant).

• Pas mieux côté programmes et sites internet

Concernant les sites internet des candidats, les déficients visuels ne sont pas davantage pris en compte. Ainsi, le baromètre de l’association Valentin Haüy, qui vise à améliorer l’accessibilité pour les malvoyants, a noté les sites des candidats en fonction de plusieurs critères : présence d’alternative textuelle aux images, possibilité d’utiliser le clavier pour naviguer. Seuls deux candidats obtiennent tout juste la moyenne : Nathalie Arthaud (6/10) et Jacques Cheminade (5,5/10). Marine Le Pen et François Bayrou récoltent, eux, 3/10, Nicolas Sarkozy 4/10 et François Hollande 4,5/10. Peut mieux faire…

• Préparation des bureaux de vote

Si toutes les règles citées ci-dessus ne figurent dans aucune loi, l’accessibilité des bureaux de vote aux handicapés est la seule à être encadrée par un décret. Les aménagements prévus sont ainsi tous listés sur le site officiel de l’administration française (qui propose aussi une retranscription sonore de piètre qualité pour les malentendants).

Pour l’étape de l’isoloir, une commune de l’Oise a eu une idée. Les bureaux de vote de Margny-lès-Compiègne vont ainsi proposer des bulletins avec les noms des candidats « en gros caractères et en braille » pour aider les citoyens malvoyants le jour J, rapporte le Courrier Picard. Une initiative louable. Mais, comme le rappelle Jérémie Boroy, « le processus électoral commence bien avant l’étape du bureau de vote. »

Julie Rasplus

 

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