Les élections présidentielles sont-elles accessibles ? Vivre FM

Interview de Jérémie Boroy sur Vivre FM le 8 février 2017.

Ancien président d’une association de personnes sourdes, ancien membre du cabinet de Marie-Arlette Carlotti secrétaire d’état au handicap. Aujourd’hui il propose des prestations pour les meetings des campagnes électorales pour l’adaptation aux personnes sourdes des grands rendez-vous de la politique. Les candidats ont-ils pour autant l’envie et les moyens de rendre leur campagne accessible ?

Vincent Lochmann (journaliste) : On parle d’accessibilité des campagnes électorales avec notre invité Jérémie Boroy. Bonjour.

Jérém-ie Boroy (Aditevent) : Bonjour.

Vincent Lochmann : Les campagnes électorales, ça démarre maintenant. On est vraiment en plein dedans. Est-ce qu’on peut dire que les personnes handicapées ont accès à cette campagne ? Est-ce que, par exemple, si on est malvoyant, on peut lire les sites Internet, on peut accéder aux contenus ?

Jérémie Boroy : On en est encore vraiment loin. La campagne a démarré, mais je n’ai pas encore vu de candidat qui a défini une stratégie globale d’accessibilité sur l’ensemble de sa campagne. On peut parler des malvoyants et des sites Internet, on peut parler des personnes sourdes dans les meetings, etc., mais si on ne se pose pas la question de cette stratégie sur l’ensemble de la campagne, à savoir de maintenant jusqu’au deuxième tour des élections, et après, il y a les législatives, n’oublions pas, pour que l’ensemble des supports de la campagne, les meetings, le site Internet, les vidéos en ligne, les réseaux sociaux, le programme, la profession de foi, les rencontres impromptues dans la rue, etc., en prenant en compte toutes les formes de handicap, si on ne le fait pas, on se plante complètement.

Vincent Lochmann : Jérémie Boroy, vous avez fondé le cabinet Aditevent, qui propose des prestations pour l’accessibilité, en particulier des interprètes en langue des signes, puisque c’est un sujet que vous connaissez bien. On voit quelquefois des interprètes en langue des signes dans les meetings, est-ce que ce n’est pas un gadget ?

Jérémie Boroy : C’est effectivement la question qu’on peut se poser parce que, en fait, le candidat, au moment où il va organiser son meeting, ce n’est pas lui qui va savoir tout seul si l’interprète qu’il va aller chercher est vraiment interprète, s’il est vraiment calibré pour assurer un meeting. Quand même, ce n’est pas banal, un meeting. Vous êtes en direct, il y a plusieurs milliers de personnes devant vous, un discours qui envoie, qui va très vite, que vous ne connaissez pas à l’avance, il faut quand même un minimum de bagages. Mais là, on l’a vu avec les primaires, les primaires citoyennes, au mois de janvier. C’est vrai que par rapport à il y a cinq ans, il y avait beaucoup plus d’interprètes dans les meetings. Sur sept candidats, quatre avaient systématiquement un interprète sur leurs meetings. Donc c’était assez impressionnant de voir, par exemple sur Facebook, que le même soir, en même temps, vous aviez deux ou trois candidats qui diffusaient leur meeting simultanément avec l’interprète. Maintenant, quand on regarde de plus près, dans certains cas, l’interprète était tellement minuscule…

Vincent Lochmann : C’est-à-dire qu’il est dans un tout petit coin de la salle, personne ne le voit, les personnes sourdes qui arrivent ne savent pas où se placer pour être en face de l’interprète, et finalement…

Jérémie Boroy : Donc je me demande si on ne se dit pas : oui, je mets un interprète pour pas qu’on me reproche de ne pas l’avoir fait, et éventuellement pour qu’on me dise que c’est bien que je l’aie fait, mais de là à me demander si on va le comprendre, quand même, il ne faut pas exagérer.

Vincent Lochmann : On fait du politiquement correct ?

Jérémie Boroy : Oui, mais là, on se fout de la gueule des personnes concernées aussi, en même temps.

Vincent Lochmann : Il n’y a pas d’obligation, légale ? Ce n’est pas une obligation de la loi ?

Jérémie Boroy : Aujourd’hui, non. Bien que les campagnes soient, dans la majorité des cas, prises en charge par la puissance publique, puisque les candidats qui dépassent les 5 % seront remboursés de la moitié de leurs frais de campagne, c’est vrai que là, on pourrait se dire qu’un minimum d’accessibilité pourrait être obligatoire. C’est d’ailleurs ce qu’un rapport parlementaire qui a été remis au gouvernement il y a deux ans préconisait. Jacqueline Gourault et Dominique Orliac, qui avaient été missionnés par Jean-Marc Ayrault, ont rendu un rapport avec un certain nombre de propositions, dont celle de rendre obligatoire cette accessibilité, de l’intégrer dans le code électoral, et celle aussi de moduler le remboursement des frais de campagne en fonction du respect des obligations d’accessibilité.

Vincent Lochmann : Donc maintenant, c’est au bon vouloir des candidats ?

Jérémie Boroy : Exactement. C’est insupportable en 2017.

Vincent Lochmann : Est-ce qu’on peut dire qu’il y a d’autres publics qui n’ont pas accès ? On a parlé des personnes aveugles pour l’accès des contenus des sites Internet, des personnes sourdes pour les meetings. Y a-t-il d’autres publics qui sont, comme ça, éloignés du débat politique ?

Jérémie Boroy : En fait, c’est tous les publics. N’oublions pas que nous parlons de, a priori, 9 millions de personnes en France qui ont un besoin quotidien de compensation humaine ou technique, 9 millions. Donc ce n’est pas une petite partie des personnes qui ont un handicap qui viennent réclamer…

Vincent Lochmann : La langue des signes, c’est très peu de Français.

Jérémie Boroy : La langue des signes, mais il y a tout ! Si vous prenez toutes les formes de handicap.

Vincent Lochmann : Mais chacun a besoin d’une adaptation différente.

Jérémie Boroy : Mais chacun a besoin d’une adaptation différente, oui. Mais en réalité, cette question-là, c’est une chance pour les candidats puisque l’accessibilité leur permet de s’adresser à tous les publics, même au-delà des seules personnes handicapées. Quand vous prenez en compte le handicap intellectuel ou les handicaps qui vous empêchent d’accéder facilement à des contenus.

Vincent Lochmann : On va marquer une petite pause, Jérémie Boroy, on va essayer de comprendre un petit peu comment comme est-ce que les gens, justement, qui ont un handicap intellectuel peuvent accéder aux contenus, est-ce qu’il ne faut pas simplifier les contenus sans pour autant tomber dans une forme de populisme ou quelque chose qui serait trop réducteur ? On est avec Jérémie Boroy, vous êtes le fondateur du cabinet Aditevent, spécialisé sur la question de l’accessibilité, et on parle de la campagne électorale.

(pause)

Vincent Lochmann : On parle d’accessibilité des campagnes électorales avec notre invité Jérémie Boroy, fondateur du cabinet de conseil Aditevent, sur ces questions d’accessibilité. Il y a beaucoup de Français qui ne comprennent pas les enjeux du débat politique, c’est trop technique, trop compliqué, et parmi ces Français, il y a des Français qui ont un handicap intellectuel. Est-ce que, aujourd’hui, il commence à s’amorcer quelque chose autour de rendre simple cette campagne électorale ? Est-ce qu’on en parle ? Est-ce que ça existe, ou c’est tout simplement absent, cette accessibilité pour des gens qui ont des difficultés de compréhension ?

Jérémie Boroy : C’est tout simplement absent, je crois que tout le monde peut s’en rendre compte, à part du côté des partis les plus populistes, parce que c’est leur raison même d’être. Mais justement, on ne peut pas laisser la simplicité du message politique aux seuls populistes, il faut vraiment que tout le monde puisse se rendre accessible. Et c’est vraiment quelque chose que je n’arrive pas à m’expliquer, qu’aujourd’hui, quand on est candidat à une élection, et donc on a l’objectif de recueillir le maximum de suffrages, donc d’aller chercher le plus grand nombre, je ne comprends pas qu’on ne se pose pas la question de comment mobiliser ceux qui ne votent pas à une élection.

Vincent Lochmann : Ceux qui ne votent pas, c’est souvent ceux qui ne comprennent pas ?

Jérémie Boroy : C’est ceux qui ne comprennent pas ou ceux qui se désintéressent. Il y a plusieurs raisons. Mais parmi tous ceux qui ne votent pas, il y a évidemment ceux qui n’ont pas accès aux contenus et aux messages. Or, aujourd’hui, les outils existent, les méthodes existent, les approches existent. Pour retravailler ces contenus, par exemple pour son programme, pour sa profession de foi, pour ses tracts, pour les retravailler de façon à ce qu’ils soient compris par tous, donc là, qu’est-ce qu’on fait ? On va demander à des personnes qui ont elles-mêmes un handicap intellectuel de relire.

Vincent Lochmann : Il faudrait qu’il y ait un panel de gens qu’on pourrait choisir et qui pourraient relire et vérifier que c’est compréhensible ?

Jérémie Boroy : Tout à fait. On le fait, on le fait pour d’autres sujets. Donc il n’y a pas de raisons qu’on ne le fasse pas aujourd’hui dans le champ électoral. Je parle des personnes handicapées intellectuelles, mais ce qu’on va faire avec elles, ce sera tout aussi utile pour une personne qui n’est pas à l’aise face à l’écrit, par exemple pour une personne dont la langue française n’est pas la première langue. Et tout ça, ça fait du monde.

Vincent Lochmann : Mais est-ce que la démocratie, ce n’est pas forcément complexe, et qu’il y a un moment donné, si on simplifie trop, on tombe dans des dérives démagogiques avec des formules un peu trop simplistes qui ne reflètent pas la complexité des choses ?

Jérémie Boroy : Je suis désolé, on peut très bien travailler à l’accessibilité d’un contenu sans l’appauvrir, sans renoncer à ses objectifs. Il suffit juste d’arrêter de se faire plaisir avec des belles phrases, mais juste d’abord de se demander : comment je vais être compris par mes publics ? Donc là, simplifier un message ne veut pas dire l’appauvrir.

Vincent Lochmann : Vous avez le sentiment que, aux extrêmes, il y a des gens qui simplifient à l’extrême et qui, du coup, vont trop loin dans des formules ou des expressions qui seraient, du coup, trop simplistes ?

Jérémie Boroy : C’est la raison même d’être du populisme. Mais justement, on peut très bien se rendre accessible sans tomber dans le populisme. On peut !

Vincent Lochmann : Vous avez le sentiment que… Jérémie Boroy, vous proposez un certain nombre de prestations à tous ceux qui organisent des événements. Vous avez le sentiment qu’on vous appelle, que les candidats s’intéressent à la question ? Votre téléphone sonne ? On vous demande des prestations pour cette campagne électorale ?

Jérémie Boroy : On me l’a demandé pour des scrutins qui ont précédé cette campagne. Moi, j’ai démarré en 2012. Un candidat avait fait appel à nos services pour rendre régulièrement sa campagne accessible, ça ne lui a pas porté malchance puisqu’il a gagné. Donc aujourd’hui, ce qu’on peut dire, c’est que ce n’est pas parce que vous rendez votre campagne accessible que vous allez gagner, mais si vous ne le faites pas, c’est sûr que de toute façon vous n’avez aucune chance de l’emporter.
Maintenant, moi, je souhaite vraiment qu’on arrive à faire de l’accessibilité quelque chose qui s’impose naturellement à tous les candidats, et qu’on ne confonde pas le sujet de l’accessibilité d’une campagne avec celui de la réponse politique qu’on veut apporter aux personnes dites handicapées.

Vincent Lochmann : Il y a une confusion ?

Jérémie Boroy : Il y a une confusion énorme ! Énorme ! Aujourd’hui, Quand on fait un effort en matière d’accessibilité, tout de suite, on le surjoue : « Vous voyez, c’est bien ce qu’on a fait ! C’est bien ! Votez pour nous parce qu’on s’est rendu accessible ! » C’est insupportable !
Vincent Lochmann : Oui, ce n’est pas parce qu’on est accessible qu’on est un bon candidat, et les personnes handicapées ont besoin d’avoir des réponses sur l’éducation, sur l’économie…

Jérémie Boroy : Il faut que sur les contenus, elles aient le choix, et qu’elles puissent se positionner comme n’importe quel citoyen.

Vincent Lochmann : Mais est-ce que les choses ont évolué quand même si on fait une comparaison par rapport à 2012 ? Ça a évolué ? Ça avance ou pas ?

Jérémie Boroy : Ça a évolué dans le sens où ce qui normalement est visible, c’est l’exemple de l’interprète, qu’on citait tout à l’heure, comme c’est visible, tout de suite, ça y est, ça rentre un peu plus facilement dans la scénographie, et encore, et encore… Il ne faut pas que ça dérange non plus. Mais il n’y a pas que l’interprète. Aujourd’hui, on voit, on l’a vu le week-end dernier, avec la compétition de meetings, que le sous-titrage en direct performant, là, commence aussi à s’imposer, puisque deux candidats en même temps avaient un meeting qui était sous-titré en direct. Et là, évidemment, je ne pense pas, avec le sous-titrage, qu’on se dise : ah, mais c’est tant de personnes qui vont voter pour moi parce que j’ai mis le sous-titrage. Là, c’est parce que ça rend service à tout le monde.

Vincent Lochmann : Le meeting, c’est bien le sous-titrage quand on est sur place, parce que, effectivement, les personnes sourdes ou les gens un peu distraits comme moi peuvent se raccrocher au texte en cours de route, mais souvent, les meetings, on les voit aussi sur Internet après en vidéo, et alors là, adieu le sous-titrage !

Jérémie Boroy : Les deux exemples du week-end dernier, ils étaient, eux, bien sous-titrés en ligne sur Facebook, etc. Alors maintenant, sur Facebook, c’est vrai que tout le monde n’a pas encore compris comment on pouvait enlever les petits pouces levés, les petits cœurs qui passent sur l’image. Il suffit de faire glisser l’image vers la gauche. Maintenant, je vais prendre un exemple, le meeting de M. Fillon, il y a dix jours, on voyait clairement qu’il y avait un interprète sur place, dans un coin de la scène, mais alors qu’il y avait une captation vidéo pour que l’événement soit retransmis en direct sur les chaînes d’info continu, sur les réseaux sociaux, etc., là, pas d’interprète. Alors que ça ne coûte pas plus cher.

(pause)

Vincent Lochmann : Jérémie Boroy est notre invité fondateur du cabinet Aditevent spécialisé sur la question de l’accessibilité. Jérémie, vous êtes allé aux Etats-Unis il n’y a pas longtemps, et vous avez suivi la campagne américaine. Est-ce que les Américains, sur cette question-là de l’accessibilité, est-ce qu’ils font mieux ?

Jérémie Boroy : Ben non, figurez-vous que non. J’étais parti là-bas avec l’hypothèse que l’accessibilité des campagnes était forcément…

Vincent Lochmann : Parce qu’il y a un lobby puissant des personnes handicapées, des personnes sourdes, des personnes aveugles aux Etats-Unis. Il faut peut-être le dire, ça, déjà.

Jérémie Boroy : Oui. Donc j’ai suivi la fin de la campagne de Hillary Clinton et de Donald Trump la dernière semaine, à Miami et autour, pour aller voir dans leurs meetings ce qui se faisait. Côté Trump, c’est simple, il n’y avait rien, absolument rien, mais rien de prévu. Côté Clinton, il y avait donc toujours un interprète. Alors là, peu importe où l’interprète arrivait à se mettre. J’ai même vu un meeting où l’interprète avait dû monter sur un escabeau pour qu’il y ait quelques personnes qui puissent le voir. J’en ai vu d’autres complètement perdus au milieu de la foule à traduire devant ceux qui pouvaient les regarder. Il y avait systématiquement un accueil dédié, donc l’accueil ADA, c’est leur loi de 2005…

Vincent Lochmann : Accessibility Disability Act, la grande loi qui fonde l’accessibilité.

Jérémie Boroy : …merci. Donc toujours avec un espace prévu pour que les personnes en fauteuil ou qui se déplacent avec difficulté puissent être accueillies dans les meilleures conditions. Donc ça, c’était prévu. Mais c’est tout.
En revanche, en revanche, donc pas de sous-titrage en direct dans les meetings, pas de boucle magnétique, rien de tout ça. Mais parce que je pense que les Américains ont une culture de l’accessibilité qui est plus ancienne que la nôtre, donc à un moment donné, ils étaient au point, aujourd’hui, c’est un petit peu dépassé. Maintenant, la différence qu’il y a (là, je vais parler des personnes sourdes), la différence qu’il y a entre les Etats-Unis et chez nous, c’est que là-bas, les sourds sont dans un environnement en permanence accessible, donc ont accès à l’information en permanence. C’est-à-dire que tout ce qui est à la télé est sous-titré, mais de façon remarquable et en permanence. Et là-bas, quand vous vous baladez dans la rue, quand vous êtes à l’aéroport, quand vous êtes dans un magasin, quand vous êtes dans un café ou un restaurant, tous les écrans de télé qui sont allumés ont le sous-titrage qui est activé. Donc en permanence, vous avez donc de l’info qui est à votre portée.

Vincent Lochmann : Vous disiez tout à l’heure : on confond l’accessibilité des meetings et l’engagement des candidats sur la question du handicap, mais on voit bien avec l’exemple que vous citez, Hillary Clinton, Donald Trump qui a aussi un message politique. Quand un candidat, à ce point-là, néglige l’accessibilité, ça devient un message politique.

Jérémie Boroy : Dans ce cas-là, je pense, oui.

Vincent Lochmann : Bon, qu’est-ce qu’il va se passer maintenant dans les semaines à venir ? Est-ce qu’il y a des temps forts sur lesquels vous ou bien les associations vont demander, exiger des moments accessibles ?

Jérémie Boroy : Je ne suis pas à la place des associations. Je pense qu’elles ont intérêt effectivement à se manifester. Ça a commencé, là, on l’a vu le week-end dernier, des personnes sourdes et des interprètes qui ont dû s’inviter dans des meetings pour aller rappeler l’importance de l’accessibilité.
Maintenant, encore une fois, il faut que les candidats, tout de suite, saisissent l’intérêt qu’ils ont, eux, à se rendre accessibles, et pas pour cocher la case handicap, mais bien pour avoir une campagne efficace qui touche le plus grand nombre.

Vincent Lochmann : C’est ça le fond du problème. Merci Jérémie Boroy d’être venu nous voir ce matin sur l’antenne de Vivre FM. On rappelle que vous êtes le fondateur du cabinet Aditevent, vous avez été président d’une grande association dans le domaine de la déficience auditive, et aujourd’hui, vous travaillez sur ces questions de l’accessibilité. Merci d’être venu nous voir ce matin sur l’antenne de Vivre FM.

 

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