L

L’accessibilité des services téléphoniques [Vivre FM]

Karine Rossignol de la Fondation pour l'audition, Tiphaine Pousson de Deafi, et Jérémie Boroy de l'Unisda, posent dans le studio de Vivre FM.

En France, 4 millions de personnes n’ont pas accès aux services clients à distance des entreprises et des administrations : les personnes sourdes ou malentendantes. 
Après dix années de combat, la loi concernant le Relais téléphonique entre enfin en vigueur. 
La loi impose aux opérateurs télécoms de fournir une heure par mois de communication gratuite aux sourds et malentendants. Soit via un appel vidéo en langue des signes, soit via une application dédiée. 
Environ 500 000 personnes sont concernées par cette heure d’échange mensuelle. 
La loi prévoit une mise en œuvre progressive du dispositif. A partir du 8 octobre, les opérateurs sont tenus d’offrir une heure d’appel gratuit par mois. A partir du 1er octobre 2021, le temps d’appel passera à 3 heures par mois, puis à 5 heures par mois à partir du 1er octobre 2026.

Interview de Karine, Rossignol, Tiphaine Pousson et Jérémie Boroy par Vivre FM (transcription à venir)

Interview en ligne sur le site de Vivre FM

Découvrez comment les sourds et malentendants vont désormais pouvoir téléphoner : reportage de Vivre FM

Pour assurer un accès à leurs services téléphoniques à leurs clients sourds ou malentendants, les opérateurs membres de la Fédération Française des Télécoms ont décidé d’utiliser l’application développée par la Start-up Roger Voice. Elle permet de traduire ou de retranscrire les discussions pour ceux qui ne peuvent pas les entendre.

Reportage de Vivre FM : découvrez comment les sourds et malentendants vont désormais pouvoir téléphoner (transcription à venir)

Passer des appels téléphoniques en toutes circonstances, même lorsqu’on est  sourds ou malentendants, ce doit être désormais être possible. La loi pour une république numérique, entrée en vigueur le 8 octobre 2018, stipule que les opérateurs téléphonique, au même titre que les services publics et les grandes entreprises, doivent assurer l’accessibilité de leurs services à tous leurs usagers, quelque soit leur potentiel handicap. Pour remplir cet objectif, les opérateurs membres de la Fédération Française des Télécoms ont décidé de s’adjoindre les services de la start-up Roger Voice, cette dernière étant à l’origine d’une application permettant la traduction des appels téléphoniques.

Elle propose différentes options de transcriptions des paroles, les personnes sourdes et malentendantes peuvent choisir de voir les mots de leur interlocuteur êtres transformés en texte généré par Intelligence artificielle mais corrigé par un scribe, une technique apparemment unique au monde. Pour ceux qui préfèrent le contact humain, il y a aussi la possibilité d’entrer en contact avec un traducteur en langue des signes française, qui va apparaître sur l’écran du téléphone de la personne sourde pour servir d’intermédiaire entre les deux bouts du fil, un travail particulièrement minutieux. Il faut apprendre à être complètement transparent et ne pas se laisser toucher par ce qu’on traduit explique Marie Laure Sorel, traductrice chez Roger Voice, Si deux personnes se disputent au téléphone, il faut être complètement transparent et restituer l’émotion de l’un et de l’autre sans le prendre pour soi. Il faut être transparent tout en étant visible, c’est la grande difficulté de l’interprète en langue des signes.

Des problèmes persistants

Lorsqu’un usager sourd décide de passer un coup de téléphone, il faut un certain temps pour que l’application puisse trouver un traducteur disponible pour rentrer en contact avec lui, et vu le nombre de clients qui vont maintenant passer par le nouveau système téléphonique, l’équipe qui travaille depuis les bureaux de Roger Voice pourrait vite se trouver débordé. Ce manque de personnel qualifié pose problème au delà du secteur des télécoms, aujourd’hui, la France n’a pas encore assez d’interprètes et de transcripteurs formés pour prendre en compte tous les besoins déclare Jérémie Boroy, président de l’UNISDA, Union Nationale pour l’Insertion Sociale du Déficient Auditif, hors nos besoins sortent du cadre de la stricte téléphonie, nous avons besoin de ces professionnels dans la vie de tous les jours, c’est à l’école, pour les formations, les rendez-vous, on a besoin de ces professionnels en nombre.

Un autre problème concerne le coût de ce dispositif, les personnes bénéficiaires de ce service ont droit à une heure gratuite d’utilisation par mois, et cette heure concerne tous les appels, même ceux que l’on reçois. L’affaire pourrait donc revenir cher, à moins bien sûr que les services publics et entreprises proposent à temps leur propre service accessible. On m’a généreusement accordé une heure par mois, donc je veux garder mon heure pour les appels dont j’ai besoin, fait savoir Jérémy Boroy j’ai pas besoin de l’utiliser pour appeler la sécurité sociale, pôle emploi, ou le service client de telle ou telle enseigne.

Une heure d’autant plus précieuse qu’il faudra attendre 2021 pour que Jérémie Boroy et les autres personnes sourdes et malentendantes puissent disposer de trois heures d’appels gratuits. Quoi qu’il en soit, tout le monde peut désormais se dire qu’il a droit au téléphone, et qu’il y a désormais une loi pour y veiller, bien que cette dernière comporte encore certains non dits qui restent à combler pour assurer une véritable inclusion.

Reportage en ligne sur le site de Vivre FM

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *