Congrès de l’Unisda du 23 janvier 2009

Le téléphone, un droit aussi pour les personnes sourdes ou malentendantes

Intervention de Roselyne Bachelot, ministre de la Santé et des Sports, au congrès de l’Unisda du 23 janvier 2009 au Palais Brongniart, Paris. 

2436_55895617199_7149725_nJérémie Boroy :
Madame la Ministre, merci beaucoup d’être avec nous aujourd’hui. Nous sommes heureux de vous accueillir au congrès de l’UNISDA, dont le thème porte cette année sur les centres relais téléphonique et l’accès des personnes sourdes au téléphone. Comme vous avez pu le constater tout à l’heure en visitant le dispositif, les personnes sourdes, sans téléphone dans leur vie quotidienne, dans leur vie professionnelle sont vraiment en grande difficulté, en particulier pour alerter les services de secours. C’était le thème de la table ronde qui a eu lieu juste avant, puisque la loi du 11 février 2005 prévoit justement que les services de secours sont accessibles par téléphone. C’est une des grandes interrogations du public aujourd’hui : qu’est-ce que le gouvernement peut prévoir pour l’accessibilité des appels d’urgence ? Nous sommes vraiment heureux de vous accueillir pour que, peut-être, vous nous apportiez quelques réponses.

Roselyne Bachelot :
Bonjour à tous et à toutes. Effectivement, j’ai mis au cœur de ma politique de santé la question de l’accessibilité aux soins, et l’accessibilité aux soins ne peut se résoudre par une approche géographique, même si celle-ci est très importante. L’accessibilité, c’est l’accessibilité de tous, en raison de sa situation de handicap, de ses moyens sociaux ou financiers. Tous ces éléments doivent être pris en compte. Effectivement, nous encourageons la démarche qui a été initiée par l’Union européenne dans le cadre de ce qu’on appelle Reach 112 et qui est portée par le CHU de Grenoble, avec un certain nombre d’intervenants, en particulier d’entreprises, on pense à Ives, à Orange, ou encore à Websourd. A partir de l’expérience du CHU de Grenoble (je crois d’ailleurs qu’il y en a des représentants du CHU de Grenoble qui participent à vos travaux), cette expérimentation va mobiliser 1,750 millions d’euros, dont la moitié va être donnée par l’Europe, et bien entendu, le ministère de la Santé va s’associer à cette démarche extrêmement importante pour ensuite la généraliser, car c’est une question de justice et d’équité.

Jérémie Boroy :
Merci beaucoup pour cette réponse précise, Madame la Ministre. Effectivement, comme le public le sait, un décret est paru il y a quelques mois pour qu’un centre relais national pour les appels d’urgence des personnes sourdes puisse être en place et couvre tout le territoire en 2010, en prenant en compte l’ensemble des modes de communication utilisés par les personnes sourdes. Il y a une interaction évidente avec le projet européen, mais ça reste encore une des interrogations du public : est-ce que le calendrier prévu par le décret pourra être tenu ?

2436_55678192199_714091_nRoselyne Bachelot
J’ai bon espoir. C’est vrai que cette démarche expérimentale peut tâtonner au départ, mais nous quand même avons tout 2009 et 2010 devant nous, il suffit de volonté politique, je n’en manque pas. Je pense donc que l’échéance est tout à fait possible. Est-ce que ce sera début 2010 ? Je ne prends pas un engagement aussi ferme. Il faut bien une bonne année pour que l’expérimentation soit menée, qu’on ait le retour d’expérience et qu’on généralise la plate-forme. Le deuxième semestre 2010 me paraît une échéance tout à fait tenable.

Jérémie Boroy :
Par ailleurs, la loi du 11 février 2005 évoque l’accessibilité des relations avec les services publics, d’une manière générale. Cette accessibilité passe aussi par les services téléphoniques. Tout à l’heure, on a une intervention sur la téléphonie sociale, donc les services de téléphonie sociale, qui sont en général soutenus par les pouvoirs publics, comme SOS Amitié, SOS Suicide ou encore d’autres services. C’est aussi une des attentes de nos publics que les pouvoirs publics mettent en place l’accessibilité de ces services. Notre question : dans les semaines et les mois qui viennent, est-ce que, avec au moins votre ministère, nous pourrons voir comment les services qui relèvent de votre administration, pourraient fonctionner ?

Roselyne Bachelot :
Effectivement, nous avons tout un dispositif de lignes téléphoniques qui ont affaire à des politiques de santé publique. On pense aux lignes dédiées au sida, des lignes dédiées à la prévention du tabac. Vous savez que je souhaite mener une action plus opérationnelle en ce qui concerne les lignes téléphoniques dédiées à la prévention du tabagisme, en faisant des consultations vraiment personnalisées pour la désaccoutumance au tabac, une sorte de coaching téléphonique. Il serait évidemment tout à fait dommageable que les personnes sourdes ou malentendantes ne puissent pas ainsi avoir accès à ces lignes téléphoniques. J’ai donc demandé que ceci soit étudié dans le cadre des lignes téléphoniques dédiées aux politiques de santé publique du ministère.

Jérémie Boroy :
Merci beaucoup. Une dernière question : l’attente du public porte aussi sur la l’accessibilité téléphonique 2436_55678177199_833094_nd’une manière générale pour que tous les types d’appel puissent être passés. Au-delà de votre périmètre précis de la santé, les personnes sourdes ou malentendantes peuvent-elles compter sur l’appui de Roselyne Bachelot pour que, dans le gouvernement, on puisse faire avancer cette idée d’accessibilité téléphonique avec l’ensemble des acteurs concernés pour que, dans un futur proche, ces centres relais soient une réalité en France ?

Roselyne Bachelot :
Vous savez que mon engagement au côté des personnes en situation de handicap est un des fils rouges de ma vie, à travers mes fonctions de présidente d’association de personnes en situation de handicap. J’ai été présidente du CNCPH dans une vie antérieure, et présidente du groupe handicap à l’Assemblée nationale tout au long de ma vie parlementaire. Ce qui était d’ailleurs assez amusant, c’est que, que je sois parlementaire dans l’opposition ou dans la majorité, mes collègues qui s’intéressaient à cette question ont toujours voulu que ce soit moi qui préside ce groupe handicap. Bien entendu, je serai à vos côtés. Le ministère de la Santé, c’est votre maison, même si le portefeuille, comme on dit, des personnes handicapées est porté maintenant par le ministère des Affaires sociales, vous êtes tous et toutes mes enfants. Donc la maison de la santé, c’est votre maison.

Jérémie Boroy :
Nous vous remercions beaucoup d’avoir pris ce temps dans votre agenda chargé pour venir rencontrer le congrès de l’UNISDA. Merci pour votre soutien à notre projet, et rendez-vous très bientôt pour faire le point sur la mise en œuvre de ce centre relais pour les appels d’urgence.

Roselyne Bachelot :
J’ai encore quelque chose à vous dire.
En LSF : Bonne année, bonne santé.

Jérémie Boroy  :
Merci beaucoup, Madame la Ministre.

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