AFP : Une campagne accessible à tous les handicaps ? Démonstration par l’exemple

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Une campagne accessible à tous les handicaps ? Démonstration par l’exemple

PARIS, 2 fév 2012 (AFP) – Fictif est son nom de candidat à la présidentielle de 2012. Et ce qui le démarque des candidats bien réels, c’est son meeting et ses outils de campagne adaptés à tous les handicaps, moteurs, auditifs, visuels ou mentaux.

L’instigateur de ce happening, qui s’est déroulé sur deux jours à Paris, mercredi et jeudi, est un entrepreneur de 35 ans, Jérémie Boroy, sourd lui-même, rappelant que, selon l’Insee, 12 millions de personnes déclarent rencontrer des situations de handicap.

M. Boroy a lancé en novembre dernier un « appel pour l’accessibilité des campagnes électorales », signé notamment par Marie-Anne Montchamp, secrétaire d’Etat aux Solidarités, Martine Aubry (PS) et Cécile Duflot (EELV). Il regrette de « ne pas arriver à avoir Jean-François Copé », secrétaire général de l’UMP.

L’installation reconstitue l’environnement d’un meeting autour duquel sont déclinés les aménagements recommandés aux politiques.

Cela commence dès l’accueil, où les comptoirs sont de différentes hauteurs et où sont mis à disposition des plans de la salle avec la signalétique, des cannes et télécommandes reliées à un système de guidage sonore pour aveugles et malvoyants, etc.

La scène est munie d’un pan incliné. A son pupitre, un faux candidat déclame son discours.

Derrière lui, un grand écran retransmet en direct d’un côté la traduction en langue des signes par un interprète, de l’autre la retranscription écrite faite par un vélotypiste.

Une boucle magnétique est installée pour que les sourds ou malentendants appareillés reçoivent mieux le son, tandis que des fauteuils roulants sont installés à côtés des chaises, pour montrer « qu’on n’est pas obligé de faire des parkings à fauteuils ».

Sont consultables aussi un site internet accessible, un accueil téléphonique via webcam, ou un clip de campagne qui intègre sous-titrage et traduction en langue des signes, dont M. Boroy rappelle qu’ils sont pris en charge par les pouvoirs publics.

« Il y a eu un changement de regard sur le handicap ces dernières années », assure M. Boroy, « quand on parle accessibilité, ce n’est plus du chinois », notamment chez les grands partis comme le PS ou l’UMP.

En 2007, rappelle-t-il, les meetings de Ségolène Royal étaient retranscrits en vélotypie, tandis que Nicolas Sarkozy avait opté pour la traduction en langue des signes.

Dernièrement, le meeting de François Hollande au Bourget était complètement accessible, assure Jérémie Boroy, dont la toute jeune société en a assuré l’accessibilité.

Ancien assistant de parlementaires socialistes, M. Boroy assure que « son engagement pour l’accessibilité va au-delà de son engagement partisan ». Un mode d’emploi pratique sur l’accessibilité est téléchargeable gratuitement (www.aditus.fr/evenement).

sla/rh

 

Dépêche publiée sur le site de Notre temps